16/12/2006

Mercredi 13 décembre 2006, visite au centre fermé de Vottem

centre fermé de vottem

Suite à l’article de Michel Bouffioux paru dans le magazine « ciné-télé revue » du 16 novembre 2006, et à la demande du chef de groupe Ecolo, les partis politiques représentés au conseil communal d’Herstal ont été invités à envoyer chacun un délégué pour une visite du centre fermé de Vottem.

 

Cette visite a eu lieu le mercredi 13 décembre dernier, et pour ma part, c’était la première fois que je me rendais en ce lieu, bien que je passe devant tous les jours en rentrant chez moi.

 

Nous avons d’abord eu l’occasion de discuter longuement avec le directeur du centre, qui nous a expliqué la manière dont se déroule la vie à l’intérieur de celui-ci.  Nous avons pu lui poser toutes les questions que nous souhaitions.  Il nous a également fait part de sa position concernant les faits relatés dans l’article de Michel Bouffioux, et nous a fourni le communiqué de l’office des étrangers à l’égard des attaques dans les centres fermés.

 

Ensuite, nous avons pu visiter le centre : l’infirmerie, les chambres individuelles réservées au « régime différencié », les ailes où vivent les résidents, leur salle de loisirs, leur réfectoire, etc. Au cours de cette visite, nous avons eu l’occasion de discuter tant avec les résidents qu’avec les agents de sécurité. 

 

Cette visite ne m’a pas laissée indifférente.  En tant qu’être humain, d’abord, même si je n’ai pas eu le sentiment d’avoir face à moi des personnes maltraitées, et qu’aucun des pensionnaires ne nous a révélé être dans ce cas. En tant qu’acteur politique ensuite, car cela interpelle et invite à la réflexion.   Je suis d’autant plus convaincue que la politique d’immigration va être un enjeu majeur des années à venir.

 

Mes convictions en matière de politique d’immigration sont claires.  Contrairement aux militants de gauche, je ne suis pas favorable à une régularisation massive des sans-papiers.  La Belgique ne peut accueillir le monde entier en son sein.

 

D’emblée, je précise que cela ne signifie pas que je sois contre l’immigration : la diversité dans un pays est, selon moi, une chance (même si l’on peut se poser la question lorsque l’on voit la difficulté de cohabiter entre flamands et wallons, mais c’est une autre histoire), et l’immigration zéro est un leurre. 

 

Simplement, je pense qu’une immigration mieux régulée permet d’améliorer considérablement les chances d’intégration des étrangers, de faciliter la cohabitation entre autochtones et allochtones (ce qui sera vraisemblablement le défi de ce siècle), et de permettre à ceux qui le veulent de saisir l’ascenseur social, de s’assurer un avenir, de sentir bien en Belgique et, pourquoi pas, de se sentir belge et qu’on les perçoive comme tels. 

 

Parallèlement, je suis favorable à une politique de coopération au développement très forte.  Comme le dit l’adage « donne un poisson à un homme, il mangera aujourd'hui, apprend lui à pêcher, il mangera toute sa vie ».  Beaucoup d’étrangers arrivent chez nous (et dans d’autres pays) en croyant rejoindre un eldorado où tout est possible.  Vient ensuite la désillusion, et je trouve cela cruel.    

 

A l’issue de cette visite, mon sentiment personnel est celui-ci : la vie en centre fermé n’est facile pour personne.  Ni pour les résidents, spécialement ceux qui n’ont pas commis de délit et sont privés malgré tout de leur liberté ; ni pour les agents de sécurité, dont la tâche est ingrate, les amenant à tenir leur rôle du « mauvais » alors qu’ils doivent faire preuve de beaucoup de psychologie dans l’accomplissement de leur tâche.  Eu égard à ce qui m’a été expliqué et montré, j’ai la conviction que la direction comme le personnel font en sorte que le séjour des « résidents » se passe pour le mieux, dans un contexte difficile, et avec des moyens budgétaires limités.  Il s’agit bien entendu, je le répète, d’une conviction personnelle qui se fonde sur ce que j’ai pu constater ce soir là au centre.

 

Il est en revanche évident que la vie au centre pourrait être considérablement améliorée, notamment, par l’engagement d’un psychiatre.  Toutefois, il faut à cet égard tenir compte de plusieurs éléments.  Tout d’abord, cela nécessite un budget dont le centre, à l’heure actuelle, ne dispose pas.  Ensuite, lors des périodes où aucun « cas psychiatrique » ne se trouve au centre, la présence d’un psychiatre engagé à temps plein se justifie nettement moins.  Enfin, pour des raisons financières évidentes, on imagine difficilement qu’un psychiatre fasse le choix de travailler en centre fermé plutôt qu’en cabinet où à l’hôpital.  Néanmoins, je suis d’avis qu’il faudrait entamer une réflexion à ce sujet.

(photo : C.R.A.C.P.E . http://cracpe.skynetblogs.be/)

17:13 Écrit par Jennifer Maus dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : centre ferme, vottem, immigration |  Facebook |

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